Paroles

Dans ton beau 4 x 4

Tu te la pètes dans ton gros 4 x 4
Au milieu des motos dans la ville grisâtre
La pollution tu n’en as rien à faire
Ton fric tu l’as gagné en vendant la Terre

Na, na, na, na, na
Na, na, na, na, na
Na, na, na, na, na
Na, na, na, na, na, na, na, na, na, na, na, na, na, hé, hé, hé, hé, hé, hé !

Ta bagnole, c’est la preuve de ta réussite
Celle qui t’autorise les délits de fuite
Tu penses que la loi n’est pas faite pour toi
C’est un truc de pauvres, elle n’est pas pour les rois

Na, na, na, na, na…

Une question qui me trotte dans la tête
Comment peux-tu, toi qui es aussi bête
Gagner de quoi t’acheter une telle auto
Moi j’ai un bon boulot mais je n’ai qu’un vélo !

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L’Amérique est si loin

Va-t’en, va-t’en, je ne peux pas t’empêcher
Que veux-tu faire ? Où veux-tu aller ?
La décision est entre tes mains
N’aimes-tu vraiment plus les Cambodgiens ?

L’Amérique est si loin
Ma chérie, réfléchis bien
Tu seras seule à l’étranger
Tu ne parles même pas l’anglais !

Nous avons la chance d’être né khmers
Restons ici, pour garder nos terres
Nous devons tous faire des efforts
Ne t’en fais pas, je te tiens si fort

Les Cambodgiens sont souvent fidèles
Une fois qu’ils aiment, c’est pour la vie
Alors pourquoi veux-tu te faire la belle ?
Ne t’en va pas, nous serons bien ici

L’Amérique est si loin...

Va-t’en, va-t’en, je ne peux pas t’empêcher
Que veux-tu faire ? Où veux-tu aller ?
La décision est entre tes mains
N’aimes-tu vraiment plus les Cambodgiens ?

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Injustice de la nature

À ma naissance, je n’ai pas choisi
Ces tonnes de malchance qui pèsent sur ma vie
À ma naissance, mes parents m’ont dit :
« Aime la souffrance et surtout ton lit ! »

Injustice de la nature
Les riches et les ordures
Handicapés trop souvent mal-aimés
De la nature
Les riches et les ordures
Comme des jumeaux : le moche et le beau !

À ma naissance, j’étais si petit
Les hormones de croissance n’ont pas suffi
Aujourd’hui, je suis le nain
De la famille qui n’y comprend rien

Injustice de la nature…

Voici le jugement de la nature
Tout le monde ne mange pas la même confiture
Et c’est ça qui est parfois si dur
Et moi, moi, je rêve d’un autre futur

À ma mort, rien n’aura changé
Toujours le même corps qui sent si mauvais
A ma mort, pas de larmes versées
Fin de ce triste sort, vous serez soulagés

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Autrefois

« Nous » appartient au passé
Nos souvenirs sont bien rangés
La poussière recouvre les tiens
Et je suis leur seul gardien

Souviens-toi des belles choses !
Quand notre vie était rose
Mais toi tu m’as si vite remplacé
N’ai-je donc pas compté ?

Nos serments et nos promesses
Étaient gravés dans la pierre
Pour qu’au soir de notre vieillesse
Nous ayons toujours de la lumière

Souviens-toi des belles choses !...

Je ne peux pas tourner la page
Je vis sans cesse en décalage
Pendant que toi tu m’oublies,
Dans d’autres draps sur d’autres lits.

Le parfum de ton corps
Enivre encore mes nuits
Et ton triangle d’or
Avait un goût de paradis

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Inondée

Le ciel se remplit de noirs nuages
Les gens se pressent avant l'orage
Dans leur pays, ils vivent plus dehors que dedans
Et leurs vêtements sont comme des prières offertes au vent

Le cliquetis des premières gouttes de pluie
Sur les toits en tôle ondulée
Annonce le début des ennuis
La ville sera bientôt inondée

Inondée…

Trente minutes suffisent
À mettre tout le monde dans la mouise
Les rats nagent, les ordures flottent
Pendant qu'au rez-de-chaussée, les habitants écopent

La circulation est quasiment coupée
Les vélos, les cyclos, les motos sont tous arrêtés
Sous la surface sale les nids de poule
Sont des pièges pour tous ceux qui roulent

Inondée…

Un proverbe de chez vous dit
Qu' « après la pluie vient le beau temps »
Mais ici, tout est différent
Le beau temps, c'est avant la pluie

Inondée…

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Dollarica

Au Dollarica, les gens sont souriants même s'ils n'ont rien
Au Dollarica, ciel bleu et soleil tous les jours
Au Dollarica, on pourrait croire que tout va bien
Au Dollarica, toi, tu es si belle mon amour

Mais au Dollarica depuis que le pays a tremblé
Au Dollarica, on a vu pousser les ONG
Au Dollarica, dans l'université privée
On fait semblant d'É–TU–DIER!

Au Dollarica…

Mais au Dollarica on peut tout acheter
Les voitures, les femmes, les belles villas, les grandes propriétés
Au Dollarica, les gros dirigeants friqués
Font semblant de TRA–VAIL–LER!

Au Dollarica…

Mais au Dollarica, le peu d'argent qu'on a
On le parie sur la vie, sur la mort, sur toi, sur moi
Au Dollarica, dans les banquets pour fêter
On fait semblant de S'A–MU–SER

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Casseur

Tu m'avais supplié
De ne pas y aller
Tu ne supportes plus de voir
Mes hématomes et mes coquarts

Mais je n'ai pas le choix
Mon métier, c'est casseur
Et les coups dans le foie
Ravissent les spectateurs

Sur le ring, instinct d’animal
Je ne pense plus qu'à faire mal
Ma vie ne vaut que quelques dollars
Accrochée aux coups du hasard

Mais je n'ai pas le choix
Mon métier, c'est flingueur
Et les coups dans le foie
Ravissent les amateurs,

Quand je mords la terre
Parfois j'ai envie de mourir
J'ai honte pour mes amis sincères
J'ai trop peur, je ne veux plus sortir
Je sais qu'on m'attend
À cause de l'argent
Que certains avaient parié
Parce qu'ils étaient sûrs que je gagnerais

Quoi que je fasse, on me déteste
Il n'y a que toi pour me supporter
Quand tous sont partis, que personne ne reste
Sauf les perdants pour m'insulter

Mais je n'ai pas le choix
Mon métier, c'est casseur
Et les coups dans le foie
Ravissent les spectateurs
Je n’aurai plus le choix
Mon métier, c’est casseur
Et les coups dans le foie
Raviront les voyeurs
Tous les voyeurs

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Akosal

Je m’appelle Akosal
J’ai une famille mais c’est comme si j’étais seul
J’ai plein de sœurs et de frères
Mais nous n’avons pas tous le même père

J’ai huit ans et j’ai très faim
Je dois mendier du soir au matin
J’essaie de remplir mon estomac
Avec tous ces plats que vous ne mangez pas

Mais est-ce que c’est ça être humain ?
Quand dans la rue, on vit comme un chien !
Mais est-ce que c’est ça être humain ?
Quand dans la rue, on vit comme un chien !

J’aimerais bien penser à demain
Mais je n’ose pas rêver plus loin
Je ne sais pas lire, écrire, ni compter
De toutes façons, je serai méprisé

Mais est-ce que c’est ça être humain ?...

Mais je n’ai rien fait pour mériter tout ça
Et qui voudrait bien se soucier de moi ?
Enfants de la rue !
Enfants perdus !

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Le chanteur

Il m’avait dit vouloir faire des chansons
Sa musique serait la révolution
Il voulait être la voix d’un pays
Où la corruption serait enfin bannie

Mais quand il parlait de politique
Dans sa tête, il ne pensait qu’au fric
Vouloir changer à tout prix les gens
C’est avant tout un moyen de se faire de l’argent

Le chanteur, le menteur, le dragueur, le tricheur

Nous les naïfs, nous l’avons cru
Ses belles paroles, nous les avons bues
Derrière son sourire d’hypocrite
Nous n’avions pas vu toutes ses limites

Mais quand il parlait de politique…

Susaday tout le monde !
Ca va ? Moi ça va !
Ah oui, vous aimez ma musique…
C’est vrai que… que je chante très bien !
Oui, oui, oui, je sais que je suis si beau !
Orkoun, orkoun…
Vous m’admirez ? hein ?
Vous avez raison, je suis la bong numéro un !

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Je vais écrire un livre

Je vais écrire un livre...

J'vends des bretelles encore deux ans
Des cornichons encore trois ans
Mais après, tu comprends
La femme et les enfants...
Mon livre je l'écrirai dans vingt-cinq ans

Je vais écrire un livre...

J'vends des bretelles encore quatre ans
Des cornichons encore six ans
La voiture et l'appartement
Me coûtent tout mon temps
Mon livre je l'écrirai dans trente-cinq ans

Je vais écrire un livre...

Le samedi soir
Quand je vais chez mes amis
Je leur raconte mes histoires
Qui ne sont jamais finies
Puisque page avant page
Je suis l'as du bavardage

Je vais écrire un livre,

Je vais...

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Amour étranglé

Je ne dors plus, ma tête est vide
Je ne vis plus, corps insipide
Continuer à faire semblant
Et bâillonner mes vrais sentiments

Aidez-moi, je vous en prie
Ne la laissez pas indifférente
Moun Snà Sarika Linthoung
Faites qu'elle devienne ma chère amante

Je me meurs de vivre sans toi,
De compter les jours qui ne sont pas
Les beaux lendemains qu'on nous avait
Promis et qui nous sont volés...

Ma princesse qui ne se doute pas
Du malheur qu’elle cause au fond de moi
Tu me dis que la patience
Est également une forme d'espérance...

Je me meurs de vivre sans toi...

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Srey Lancer

Quand je te vois,
Perdue parmi ces ombres
Je me dis que ce n'est pas toi
Une autre fille, à la peau sombre

Celle que je connais,
Est une bonne maman
Qui toute la journée,
Prend soin de son enfant

Tous les soirs
Tu fais comme s'il n’y avait pas de problème
Tu te forces à boire
Tu oublies celui que tu aimes
Celui qui a le plus d'argent
Pour une nuit deviendra ton amant
Tu essaies de ne pas y penser
Ma Srey Lancer

Quand je te demande
Si tu es mariée
Avec tes yeux en amandes
Tu me dis être veuve, pas divorcée

Tu sais que tout ça
Un beau jour finira
Lorsque ta jeunesse et ta beauté
Seront fanées.

Tous les soirs...

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Papillons de nuit

Hôtels délabrés, cabanes en bois ajourées
Karaokés enfumés, salons de massage
Est-ce la vie dont tu rêvais quand enfant tu jouais
Ou est-ce tout ça n’est qu’un mauvais passage ?

Le jour comme la nuit
Tu vends ton intimité
L’oubli a son prix
Quand il faut manger

Visages inconnus, mains sales sur ta beauté nue
Fermer les yeux et s’enfuir pour ne pas voir la laideur qui souille
Le désir de ceux qui paient à la goût du pues
Qui te ronge quand dans un spasme, ils te mouillent

Le jour comme la nuit...

Pas encore morte, mais l’enfer tu connais déjà
Ce n’est pas seulement la queue des hommes que tu tires
Tu penses toujours à l’heure où tu nous quitteras
Pour tirer enfin une croix sur cette vie de martyre

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Photos souvenirs

Sur la table, quelques photos souvenirs
Emprisonnent ma jeunesse et ses sourires
Les rêves et les illusions se sont perdus
Dans des années passées sans avoir rien vécu

Je ne pensais pas que ce serait si difficile
De laisser derrière moi, une vie si fragile

Je ne me suis pas reconnu dans le miroir
J’ai eu peur de mon propre regard
Le silence et l’obscurité
Ont un parfum d’éternité

Je ne pensais pas...
Je ne pensais pas que ce serait si difficile
De laisser derrière moi, une vie si futile

Sur la table, quelques photos souvenirs
Me rappellent que je vais bientôt mourir

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La grande ampoule

« Bang, Bang, regarde comme la lune est belle
Je ne pourrai plus vivre sans elle
Quand je suis triste, je me tourne vers son visage
Sa candeur et sa douceur me soulagent
- Oui mais tu oublies
- Qu'est-ce que j'oublie ?
- Ou peut-être que tu ne sais pas ?
- Qu'est que je ne sais pas ?
- Qu'il y a eu un temps
Où la lune faisait souffrir les gens
Sors ton mouchoir
Et écoute cette histoire... »

Sous la lune, dans les rizières
Le peuple cambodgien
Devait travailler la terre
La terre, la terre, la terre

La nuit devenue jour, voyage sans retour
S’user, s’abîmer, se crever
Et finir au bout par se noyer
Se noyer, se noyer, se noyer

Rats, lézards et cafards
Seule nourriture pour tenir
Faut pas se faire voir, dans le noir
Dernières prières, c'est l'heure de mourir

Sous la lune, à sa lumière
Le peuple cambodgien
Devait affronter l’enfer
L’enfer, l’enfer, l’enfer

La terre, l’enfer, la terre, l’enfer

Bang, Bang, je ne savais pas tout ça
Je t'en prie, s'il te plaît pardonne-moi
Autour de nous, les fantômes sont tous là
Dans tes bras, protège-moi...

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Les Rizières du Souvenir

Oh ma rizière, bercée par le vent
Tu me racontes notre histoire
Toutes mes larmes mêlées au sang
Ecrivent ce moment noir, que personne ne veut croire

Comment avons nous pu dériver si loin ?
Comment avons nous pu dire « amen » ?
Pour quoi avoir usé de nos poings ?
Pourquoi tant de haine ? Pourquoi tant de peine ?

Vous qui nous avez quittés
Je prie pour que vous trouviez la paix
Oui pour vous qui nous avez quittés
Je prie pour que vous ayez la paix

Nous avons perdu nos écrivains
Nos musiciens, tous nos penseurs
Nos traditions et notre honneur
Par nos propres mains, par nos propres mains

Avec la guerre, tous nos parents
Qui, sous un toit, vivaient ensemble
Sont exilés ou morts maintenant
Et mon cœur tremble, et mon cœur tremble

Vous qui nous avez quittés
Je prie pour que vous trouviez la paix
Oui pour vous qui nous avez quittés
Je prie pour que vous ayez la paix

Oh vous mes sœurs, Oh vous mes frères
Vous le Peuple du Royaume khmer
Il ne faut pas tout oublier
Car ça pourrait recommencer ! Car ça pourrait recommencer !

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