Biographie

Thom Thom, c’est au départ une belle histoire d’amitié dépassant les frontières et les cultures.

Il y avait d’un côté Sopoi, guitariste chanteur cambodgien, francophone et francophile et de l’autre Jean-Philippe, guitariste ancien intermittent du spectacle venu fin 2002 au Pays du Sourire pour y enseigner la langue de Molière ainsi que celle de Shakespeare.

La première rencontre de ces deux gaillards eut lieu au Département d’Études Francophones de l’Université Royale de Phnom Penh dans le cadre d’un atelier de guitare que Jean-Philippe animait et auquel Sopoi participait dans l’espoir d’y apprendre de quoi donner une autre dimension à son instrument. L’enthousiasme et la volonté du guitariste cambodgien donnèrent au Français l’envie d’aider à la création d’un groupe de rock écrivant et interprétant ses propres chansons dans un pays non habitué à cela. En effet, au Cambodge, on n’écrit pour ainsi dire pas de musiques ni de mélodies. Dans les studios d’enregistrement des quelques « boîtes à musique du pays », on se contente principalement d’adapter les airs thaïs, chinois, coréens ou occidentaux à la mode en leur collant presque toujours les mêmes paroles à l’eau de rose.

Ainsi à l’automne 2003 naquit VÉALSRÈ (La Rizière) ; groupe composé de Sopoi et Jean-Philippe aux guitares, d’un bassiste chanteur khmer francophone et d’un batteur français.

Entre novembre 2003 et septembre 2005, le groupe enregistra deux albums bilingues : non, non, non, non… et le monde appartient à… Si l’enregistrement d’un album de chansons « originales » à compte d’auteur est une chose banale en Occident, le faire à Phnom Penh relève du pied de nez au tout puissant lobby musical cambodgien. C’est Jean-Philippe assisté de Sopoi qui assura tout l’enregistrement et toute la production des albums mais le pressage fut financé par le Service de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France au Cambodge qui participa également à la majeure partie des frais occasionnés par plus d’une vingtaine de concerts de promotion de la création musicale et de la langue française donnés dans la capitale ainsi que dans plusieurs provinces du Cambodge.

L’odyssée VÉALSRÈ prit fin au début de l’automne 2005 lorsque le chanteur-bassiste du groupe, ayant fini ses études de français, prit le chemin de la lointaine ville des temples d’Angkor pour aller y travailler rendant ainsi le travail d’écriture et les répétitions impossibles.

Au cours de ces deux années d’existence, le groupe eut la chance de faire de belles rencontres qui aboutirent à d’intéressantes et fructueuses collaborations. Il y eut d’abord Manhu Roche (qui fut entre autre le dernier batteur de Michel Pettrucianni) avec qui le groupe enregistra trois chansons de son deuxième album : "Petit Homme", "Je vais écrire un livre" et "La Marque Noire". Ecouter des extraits
Lors d’une soirée concert donnée à l’occasion de la commémoration du triste 30ème anniversaire de la chute de Phnom Penh, le 17 avril 2005, Sopoi et Jean-Philippe se lièrent d’amitié avec le dessinateur de BD Sera qui participa dix jours plus tard au tournage du vidéo-clip l’Anarchiste dirigé et filmé au théâtre brûlé Suramarith par le réalisateur cambodgien Rithy Panh ; Sopoi et Jean-Philippe arrangèrent et enregistrèrent un an plus tard la chanson principale du dernier documentaire fiction de Rithy Panh : « le papier ne peut pas couvrir la braise ».
Enfin le chanteur français DARAN prêta sa voix, lors de son passage à Phnom Penh en juin 2005, à une chanson, encore inédite, évoquant le camp d’internement Khmer rouge S-21.

En octobre 2005, Sopoi s’envola vers la France pour une formation d’ingénierie du son à Paris. À son retour en janvier 2006, lui et Jean-Philippe montèrent un nouveau groupe pour les besoins d’une nouvelle tournée de promotion de la langue française dans les principales villes du pays.

Un nouveau chanteur et un nouveau bassiste furent recrutés pour l’enregistrement de On n’est pas des chiens ! : un album épicé qui inspira le nom de la nouvelle formation : TEUK MATÉ (sauce piquante). Une dizaine de concerts furent donnés dans tout le pays au cours du seul mois de mai et le groupe donna son dernier concert à l’occasion de la fête de la musique 2006. En effet, deux semaines plus tard, Pierre, le bassiste du groupe, s’envolait pour l’Argentine où l’attendait le poste de direction de la médiathèque de l’Alliance Française de Buenos Aires.

Au cours de l’été 2006, Sopoi et Jean-Philippe collaborèrent à des projets du centre pour la mémoire BOPHANA.

Au début de l’automne 2006, c’était au tour de Jean-Philippe de faire un passage par la mère patrie. À son retour, son alter ego cambodgien l’attendait de pied ferme avec un nouveau projet : un trio rock du type Nirvana, The Police, ZZ Top, Therapy?… Jean-Philippe troqua sa guitare pour la batterie, instrument qu’il avait commencé à dompter dès l'automne 2004 en joignant GRABUGE groupe de chanson française musette composé uniquement d’enseignants du Lycée Français René Descartes ; ce groupe de profs connut son quart d’heure de gloire dans le communauté francophone à l’occasion de la fête de la francophonie 2006 ainsi que grâce à son mini-album auto-produit Phnom Penh Musette.

Pour compléter la nouvelle formation, Sopoi et Jean-Philippe recrutèrent Nalen, une ancienne copine de fac de Sopoi, qui suivait depuis longtemps les aventures musicales de ce dernier (au point de le suivre sur la tournée « On n’est pas des chiens ») et qui rêvait également de vivre sa propre épopée rock’n’roll. Nalen gratouillait la guitare depuis plusieurs années mais elle se mit sérieusement à la basse suite au départ de Pierre, bassiste de Teuk Maté, anticipant ainsi la possibilité d’intégrer un nouveau groupe que son ami Sopoi ne manquerait pas de créer.

Le 31 décembre 2006, après six petites semaines d’existence et de répétitions, THOM THOM délivrait une première pluie de décibels au Zeppelin Café et marquait officiellement son entrée dans le circuit underground cambodgien...

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